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ven. Sep 24th, 2021

CONFÉRENCE-DÉBAT: LA PLACE DE LA PAROLE DANS LA SENSIBILISATION CONTRE LES VIOLENCES DE GUERRE

La belle initiative de l’association humanitaire United for Mali !

«VIOLENCES: SENSIBILISER PAR LA PAROLE» était la thématique centrale de la conférence débat organisée, le samedi 24 juillet 2021, à l’Hôtel Radisson Blu par l’association humanitaire United for Mali – Anw bèe bè Mali fè sponsorisé par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). La rencontre qui a tenu toutes ses promesses a été marquée par un panel modéré par Serge Daniel journaliste et écrivain avec d’éminents débatteurs tel que le président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), M. Ousmane Oumarou SIDIBÉ; Mme TRAORÉ Hanane KEÏTA, écrivaine et directrice de publication du premier quotidien privé du Mali “Nouvel Horizon” ; ainsi que le très sollicité Procureur de la Commune 4, Idrissa Hamidou TOURÉ.

De gauche à droite : OUSMANE SIDIBE , SERGE DANIEL, HAMIDOU TOURE

Le dossier de presse de la rencontre indique que, face à la spirale de violences que connaît le Mali depuis une dizaine d’années, « une réponse semble voir le jour à travers la sensibilisation, la prévention et l’éducation contre l’obscurantisme qui se dresse face aux jeunes Maliens. C’est de cette réflexion qu’est né ce projet : inciter les plus jeunes à la réflexion sur des problématiques contemporaines avec un cycle de conférences débats »

EXTRAIT DU DOSSIER PRESSE

Dans son intervention face à la presse, Mme Nafissa Chouaïdou TRAORÉ, présidente de United for Mali – Anw bèe bè Mali fè a rappelé que l’association – qui se compose de plusieurs jeunes bénévoles maliens de tous horizons – nourrissait l’ambition depuis longtemps d’ouvrir le débat sur la question de l’obscurantisme et de l’extrémisme violent depuis plusieurs mois  : « L’idée nous est venue parce qu’il était important, après avoir mené diverses activités notamment au camp de déplacés de Garbal faladié d’ouvrir la discussion sur les maux qui ronge le Mali, en faisant participer un public qui n’est pas habituellement convié lors de conférence (ainsi les étudiants sourds-muets ainsi que l’association des albinos du Mali, celle des personnes handicapés, celle des jeunes arabe du mali ainsi que des étudiants du second cycle étaient le public mit à l’honneur) pour pouvoir discuter entre les Maliens, peu importe leur sensibilité, leur couleur de peau, leur ethnie, des problèmes du Nord, du centre et du sud et comment nous pouvons trouver une solution à ce conflit-là».

Les bénévoles, qui font un travail d’équipe au sein de l’association, ont salué l’UNFPA qui a accepté de sponsoriser la conférence-débat et ce malgré leur jeunesse. Les bénévoles qui sont très actifs sur le terrain, ont notamment souligné l’indisponibilité de l’état et les réponses silencieuses des ministres dans le soutien de leurs actions. Il est aussi a souligné la présence d’étudiants sourds-muets, que l’association a tenu à faire venir lors de la conférence, ce qui est une première au Mali en terme d’inclusivité.

Une étudiante sourde-muette communique avec la salle grâce à l’interprète.

Mme LY Rokia TRAORÉ qui s’adressait à l’assistance au nom de l’UNFPA a dévoilé des chiffres alarmants sur l’étendue de la violence au Mali : en effet, plus de 3.744 cas de Violence Basée sur le Genre (VBG) ont été recensés durant le premier semestre de l’année 2021 au Mali, a informé l’UNFPA: «La violence à l’égard des femmes constitue non seulement une violation flagrante des Droits de l’Homme, mais c’est aussi une expression des inégalités sociales existantes entre les hommes et les femmes», a expliqué Mme LY Rokia TRAORÉ.

En rentrant dans le vif du sujet, c’est TRAORÉ Hanane KEITA qui a pris la parole en premier pour donner son avis sur l’état de la violence au Mali.

Selon elle, la société malienne n’est pas violente de nature, mais elle subit aujourd’hui les conséquences des évènements liés à la chute de Mouammar Kadhafi (Libye) qui a intensifiée la crise au Mali, en 2012. De plus, elle estime que «le peuple malien n’est pas un peuple violent».

Le Procureur de la Commune 4 Idrissa Hamidou Touré souligne qu’il n’y a pas de société violente, c’est plutôt le manque de réponses aux violences passées qui poussent les gens à la violence: « quand on voit les gens à Bamako ou ailleurs quand il y a un fait violent, la seule chose qu’ils demandent c’est que ça soit réprimé tout de suite. Quand ce n’est pas suivi de conséquence, on tombe dans la violence. On n’est pas à la base une société violente» a confié le Procureur de la Commune IV.

Donnant son point de vue, le président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) et ancien ministre Ousmane Oumarou SIDIBÉ pense que le Mali n’était pas une société violente: «C’était un pays de paix. C’était même un des rares pays qui ne connaissaient pas de violence intercommunautaire. On vivait en paix de Kayes à Kidal. On pouvait dormir en brousse.

Son Excellence Ousmane Oumarou Sidibé (CVJR)

Selon son Excellence M. Ousmane Oumarou SIDIBÉ, l’année 2012 est un tournant de la violence au Mali car selon lui : « ce pays était un pays en paix. Il n’y avait pas de violence. Tout ce que nous connaissons aujourd’hui, nous est venu à partir de 2012 ».

Quand il y avait un mort, c’était l’émotion générale. Je dirai qu’on est une société violente aujourd’hui à cause de tout ce qui se passe aujourd’hui: les massacres à Ogossagou, Sabanéda… Même ici à Bamako, il y a beaucoup de violences aujourd’hui. On est une société violente aujourd’hui».

Parlant du tournant de la violence au Mali, 2012 semble être le point culminant, selon les panélistes.

Pour TRAORÉ Hanane KEITA, on doit surtout la gravité de la situation à une mauvaise interprétation de l’Islam par ceux qui occupaient le nord. Pour elle, l’Islam de nature est une religion qui prône la paix et la tolérance. Elle estime que les femmes sont victimes de plusieurs cas du moment, qu’elles sont souvent prises comme esclaves sexuelles par les assaillants.

«La violence est tout ce qu’on peut faire par la force pour faire subir à l’autre quelque chose qu’il ne veut pas. Quand il y a troubles violents, ce sont principalement les femmes et les enfants qui en sont les plus victimes. Cela est dû à leur vulnérabilité sociale, mais il n’y a pas que les femmes.

Tout ce qui nous arrive aujourd’hui est dû à une mauvaise interprétation des enseignements islamiques», a confié TRAORÉ Hanane KEITA.

La même analyse a été faite par le Procureur Idrissa Hamidou Touré : « C’est à partir de 2012 qu’on a connu les genres d’exactions actuelles. Les crimes massifs, les viols massifs. C’est vrai qu’il y avait eu des violences dans le passé (les années 60, 90 et même en 2006), mais ce n’était pas ainsi. C’est à partir de 2012 que d’autres forces sont venues s’ajouter aux forces habituelles. Au lieu des rebelles que l’on connaissait, des forces terroristes sont venues s’ajouter à ces gens. C’est ce qui a fait exacerber les violences à partir de 2012», a expliqué le Procureur.

Pour toute fin utile, TRAORÉ Hanane KEITA estime qu’il faut juger tous les cas de violences enregistrées ces dernières années. Un avis qui n’est pas totalement partagé par le Procureur de la Commune IV qui pense que cela n’est pas possible.

Les participant(e)s à la journée de conférence-débat

Selon lui, il faut adopter de nouvelles approches pour aboutir à une réconciliation nationale. Sur ce point, il faut noter que les échanges ont été quelque peu ardents sur «le prix à payer» pour aller à cette réconciliation et qui peut s’étendre à l’abandon de poursuites contre certains chefs des groupes armés non terroristes.

Le deuxième volet de la conférence-débat a donné lieu à un concours d’éloquence où quatre (04) jeunes étudiants (deux fille, deux garçons) se sont affrontés lors d’une joute oratoire sur la violence.

Le jury présidé par le magistrat Cheick Mohamed Cherif KONÉ et de prestigieux Magistrats et Juges qui ont apporté toute leur attention à ces jeunes orateurs et ont d’ailleurs rencontré des difficultés à pouvoir les départager en raison de la qualité des propos tenus par chaque candidat. C’est finalement Kassim Diabaté (FST) qui remporte le premier prix. 

Le but ? Donner la parole aux jeunes afin qu’ils puissent prendre part au débat, exprimer leurs idées et faire entendre leurs voix citoyenne.

Les rideaux sont tombés sur la journée de conférence-débat avec l’entrée en scène de la compagnie de théâtre «Destins Croisés» du comédien Sirafily DIANGO.

Avec la pièce théâtrale, «Il pleut sur le Nord», les comédiens ont fait revivre à l’assistance une partie de l’histoire malienne ayant conduit à la violence que connaît le pays. La pièce parle de l’effondrement de l’Armée, de l’économie, de la violence à l’école, de l’incivisme des citoyens, des limites du consensus, du laxisme dans la gestion du pays depuis la chute du socialisme à nos jours.

Le coup d’État de 2012 et la guerre au Nord plongent le pays dans un cycle de violences. Ce qui implique la responsabilité des dirigeants, depuis le coup d’État de 1968. Le tout, sous les applaudissements de la salle.

Affiche originale de la conférence-débat

Par Mahamane TOURÉ

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