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ven. Sep 24th, 2021

ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE GÉNÉRAL LAURENT MICHON COMMANDANT DE LA FORCE BARKHANE

« Barkhane ne s’en va pas. Barkhane reste et va évoluer, s’européaniser en partie »

Annoncé pour la première fois le 10 Juin dernier par le Président Français Emmanuel Macron, le processus de « transformation profonde » de la Force Barkhane a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Aujourd’hui alors que le processus de transformation est enclenché, l’inquiétude des populations maliennes est grandissante au vu de la recrudescence des attaques terroristes. Pour en savoir davantage sur cette évolution de la Force française présente sur notre territoire et au Sahel depuis maintenant huit (8) ans, nous avons pris attache avec le Commandant de la Force Barkhane, le Général Laurent MICHON.

Successeur du Général Marc Conruyt en tant que Commandant de la Force Barkhane (COMANFOR) depuis fin juillet dernier, le Général Laurent MICHON, depuis leur base de N’Djamena au Tchad, a accepté de répondre à nos questions. Entre les détails sur la transformation, la coordination avec les Forces Armées Maliennes (FAMa) et la Force Takuba, les relèves militaires, la multiplication des attaques terroristes et la dernière sortie médiatique du chef terroriste Iyad Ag Ghali, nous vous livrons en exclusivité les propos du Général Michon sur ces différents sujets !

Nouvel Horizon :

 Bonjour Général, le 09 juillet dernier à l’issue du Sommet du G5 Sahel, le Président Emmanuel Macron avait annoncé lors d’une conférence de presse, une diminution des effectifs de la Force Barkhane et la fermeture prochaine de plusieurs camps au nord Mali, notamment Kidal, Tessalit et Tombouctou. Comment se présentera cette nouvelle force dans les missions qui lui seront assignées ? Quelle sera sa zone d’opération ? 

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

 La décision politique a été prise de faire évoluer l’opération Barkhane. Je suis chargé en tant que chef militaire de conduire cette transformation profonde. C’est une vraie transformation de l’opération Barkhane qui va avoir lieu dans les douze (12) à dix-huit (18) mois à venir. Donc ça ne va pas être instantané, ça va être un peu long comme processus. Il ne faut pas s’attendre à des changements immédiats dans tous les sens, ce n’est pas du tout l’esprit. Maintenant que le choix politique de réorientation, d’adaptation de la Force a été fait, c’est quelque chose qui va être long pour une raison simple, on le fait en échangeant désormais de militaires à militaires avec les différents pays du G5 Sahel, donc le Mali et l’État-major général de Bamako en tête. Mais aussi les autres pays et évidemment les autres forces militaires avec la FC-G5 Sahel, et avec les européens qui acceptent de s’impliquer davantage aujourd’hui au Sahel à nos côtes. Ça se fait donc en coopération avec les capitales européennes qui veulent bien venir dans cette nouvelle force. Donc cela prend un peu de temps. Le temps que les capitales se décident politiquement, oui ou non, à envoyer des détachements à nos côtés. C’est donc une transformation profonde.

Les missions ne seront pas très différentes. Avec qui on va les mener et comment on va les mener, vont un peu évoluer. La mission fondamentale de lutte contre les groupes terroristes affiliés à Al-Qaïda et l’état islamique, ne changent pas particulièrement. Cette lutte contre le terrorisme va continuer. L’autre volet qui est l’appui aux forces des différents pays du G5, aux forces maliennes, nigériennes, tchadiennes, burkinabais, va se poursuivre. Là on est plus dans la continuité sur ces deux volets. Ce qui change vraiment c’est que désormais il y ait une composante européenne qui s’appelle Takuba, et qui, en accord avec les autorités maliennes évidemment, commence à se développer sur Ménaka aujourd’hui, et peut-être un peu plus largement demain. Ça dépend du volume d’Européens qui viennent et dépend de ce que souhaite l’armée malienne comme déploiement de la future opération. Donc il s’agit des missions : de lutte contre le terrorisme, l’appui et le soutien aux forces maliennes, et aussi réassurer tous les partenaires, c’est-à-dire aussi la MINUSMA , la FC-G5. Réassurer c’est-à-dire par un dispositif aérien, par du renseignement, par de l’appui, tout ça va continuer. Et avec un format qui évolue un peu mais sera très comparable dans la continuité de ce que le Mali connait aujourd’hui pour le dispositif.

Ce qui va évoluer aussi c’est le fait que puisque maintenant la MINUSMA et les FAMa sont dans le Nord ; à Kidal, Tessalit et Tombouctou, parfois avec des cargaisons assez ou très nombreuses, et partiellement parfois avec des unités reconstituées dans le cadre des accords qui sont en place, il nous a semblé opportun de ré-articuler le dispositif militaire. Justement parce que la sécurisation des villes que vous nommiez est assurée désormais par la MINUSMA et les FAMa. Donc ça, ça va évidemment évoluer.

La future zone d’opération comprendra, même si cela dépend de la volonté de chaque pays, l’ensemble de la zone du Sahel, ce qu’on appelle les pays du G5, donc ça ne changera pas. Il y aura des interactions avec les voisins. Comme aujourd’hui face à Boko Haram, il y a des interactions avec le Cameroun et le Nigeria et ces échanges continueront. De même qu’il peut y avoir des interactions avec les pays qui sont autour du Golfe de Guinée (Benin, Togo, Ghana, Côte d’ivoire). Donc la Zone ne devrait pas évoluer considérablement, les interactions existent aujourd’hui avec les voisins du G5, elles seront poursuivies.

Nouvel Horizon :

Vu les difficultés déjà palpables sur le terrain et la propagation du terrorisme dans tout le Sahel particulièrement au Mali, ne pensez-vous pas qu’une baisse des effectifs des forces françaises et le dégrafage de plusieurs villes au nord Mali, contribueront à accroitre la présence et la force de frappe des terroristes ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

 L’action des unités françaises aujourd’hui de sécuriser ces villes (Kidal, Tessalit et Tombouctou), semble moins importante au regard de ce que font la MINUSMA et les FAMa, dans ces mêmes villes. Le bataillon reconstitué à Kidal en est un bon exemple. Il n’y a pas beaucoup de différence entre le fait qu’on soit présent ou pas. Cette présence aux côtés des FAMa et de la MINUSMA restera valable en cas d’urgence, aussi bien vers la MINUSMA que vers les FAMa. S’il faut intervenir parce qu’il y a des actions terroristes contre Aguelhok, Tessalit ou Kidal, nous continuerons à le faire comme aujourd’hui.

 Je note que ces unités des FAMa ou de la MINUSMA savent très bien se défendre quand elles sont agressées. Je suis assez confiant dans la solidité de ces unités désormais implantées et relevées au Nord.

Dans cette région ce n’est pas que l’action militaire seule qui compte. Par exemple quand le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation se déplace, il souligne qu’il y a un tas d’actions de l’État Malien en accord et en déclinaison de l’APR, qui est toujours valable et recherché par les autorités gouvernementales. C’est quelque chose qui fonctionne plutôt bien et de mieux en mieux ; même si c’est lent et progressiste. Donc ce n’est pas qu’une action militaire dans le Nord qui est menée. Dans tous les cas, ce n’est pas à Barkhane de mener cette opération très large, surtout quand ça dépasse le cadre militaire qui est assumé maintenant par la MINUSMA et les FAMa.

Nouvel Horizon :

Pensez-vous que la Force Takuba sera capable de relever le défi, étant donné les difficultés du terrain et les contraintes de temps (12 à 18 mois) ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

 12 à 18 mois c’est le temps de la transformation. Ce n’est pas la durée de la future opération. On va mettre 12 à 18 mois pour transformer, et dans notre esprit si les maliens sont toujours d’accord, cette opération future elle va durer longtemps et pas juste 12 à 18 mois. Avec les Européens nous essayons de bâtir Takuba, afin que ce soit durable, pérenne. Ce n’est pas du tout un désengagement, c’est simplement associer les européens à notre action au profit du Mali. On fait tout pour aider à un bon déploiement et à une bonne appropriation par les contingents européens. On ne part pas du tout, donc c’est quelque chose qui est sous commandement Barkhane. C’est juste une composante Européenne sous commandement Barkhane. Et je note qu’ils viennent avec des unités très solides ces européens. Ils viennent avec des forces spéciales, donc des gens plutôt aguerris, sachant prendre des risques mesurés et militairement très capables. Ils viennent souvent avec des hélicoptères et vous savez que le terrain est très difficile. Ils viennent avec des moyens modernes, donc ça prendra effectivement du temps pour se déployer correctement et pour agir. Mais je suis confiant.

Depuis quelques mois d’ores et déjà, Takuba travaille avec trois (3) ULRI (Unité légère de Reconnaissance et d’intervention) qui sont des unités des FAMa qui sont déjà en relève. C’est-à-dire des unités qu’on a formées, équipées et qu’on accompagne. Que Takuba accompagne sur le terrain très concrètement. C’est quelque chose qui est peu visible aujourd’hui, mais c’est déjà une réalité. Alors c’est vrai que ce n’est pas partout, mais de toute façon on ne peut pas être partout au Mali. Mais ce qui marche aujourd’hui marche bien pour Takuba. L’idée c’est de construire progressivement sans se presser, quelque chose de solide qui soit durable, en termes de coopération entre ces armées européennes dans Takuba, sous commandement Français, et les FAMa qui sont de plus en plus présentes dans le nord Mali. Dans le secteur de Ménaka, même avec les dernières attaques on voit que les FAMa, et la MINUSMA aussi sont de plus en plus présentes.  On est heureux de contribuer à cela.

Nouvel Horizon :

Comment doit être perçue cette diminution des effectifs de la Force Barkhane ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

 C’est clairement un transfert. C’est-à-dire que sur certains volets de la Force Barkhane, ou de la future force, si elle change de nom, il y aura peu dévolutions. Sur les forces spéciales, sur la composante aérienne, le nombre de chasseurs, de drones, ça ne changera pas. Donc ce n’est pas du tout un retrait de ce point de vue-là. Et sur le volet terrestre c’est plutôt un transfert. Justement avec les unités européennes qui viennent, donc il y aura moins de français, donc plus d’européens. Nous on souhaite que tant que le Gouvernement Malien est d’accord, tel et tel pays puisse venir et évidemment, le plus rapidement possible, avec des moyens qui sont plutôt du « haut du spectre » comme on dit. Donc c’est plutôt un transfert de la Force Barkhane qui va devenir une force dont la France reste nation cadre, mais avec une composante européenne.

Nouvel Horizon :

 Beaucoup pensent que cette transformation est due à un échec des forces armées françaises au Mali, qu’avez-vous à leur répondre ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

Je rends hommage à tous mes prédécesseurs, et à tous les militaires français qui sont venus à Barkhane depuis huit (8) ans. Parce que si les européens viennent s’engager davantage dans une région difficile au contact des terroristes, donc prennent des risques, c’est bien que les armées françaises, l’armée de l’air, l’armée de terre, les forces spéciales, sont crédibles, et ont réussi à démontrer qu’on avait été assez efficace. Suffisamment en tout cas pour que les européens aient envie de venir aider le Mali, à nos côtés. C’est-à-dire qu’ils nous font confiance pour travailler avec les FAMa, apprendre et s’approprier à la fois le terrain, et le combat face à l’ennemi, à nos côtés.

Donc au contraire, c’est un gage de crédibilité pour moi que d’avoir réussi à accueillir des européens qui viennent se battre aux côtés du Mali, face au terrorisme. Donc je ne perçois pas du tout ça comme un désamour et une faiblesse ; mais au contraire, le fruit de la crédibilité de l’action militaire française. Ils ne seraient pas venus si nous avions été faibles ou si nous avions fait preuve de notre incapacité. Ça c’est très clair. Les européens viennent parce qu’ils ont confiance dans la façon dont on aide les maliens dans une zone très difficile.

Nouvel Horizon :

Le chef du GSIM (groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) Iyad Ag Ghali, a récemment fait une sortie médiatique dans laquelle il nargue la France et dit considérer le « retrait » de la Force Barkhane comme une victoire. Comment percevez-vous ces commentaires venant d’un chef djihadiste que vous traquez depuis des années sans réel succès ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

J’ai deux observations sur cette intervention de Iyad Ag Ghali : s’il considère que c’est une victoire que de continuer à être celui qui incite à poser des IED, et donc à tuer d’abord des gens qui sont des Maliens, des Musulmans. Si ça, c’est une victoire pour lui, si une victoire c’est comme on l’observe dans les groupes terroristes, d’avoir chaque année un peu plus d’enfants soldats qui sont engagés avec une kalashnikov ; si le vol de bétails, tuer des paysans qui sont dans les champs pendant la saison des pluies ; si ça c’est une victoire pour Iyad AG Ghali, alors je dois avouer que je le laisse finir volontiers cette notion de victoire. En revanche, Iyad Ag Ghali s’oppose depuis toujours à la mise en œuvre de l’APR, (accord pour la paix et la réconciliation) qui est en place pour améliorer les relations dans le Nord. Il s’y oppose. Or, si on peut partir de Kidal, Tessalit ou de Tombouctou, c’est précisément parce que des unités reconstituées maliennes, la MINUSMA , conformément à ces accords, sont désormais là-bas pour sécuriser cette région difficile et délicate ; sensible sur le plan politique. Donc même si c’est lent, encore une fois, c’est plutôt en bonne voie, et ça c’est plutôt une défaite pour Iyad Ag Ghali.

Nouvel Horizon :

Nous avons assisté à la prise de Kaboul par les talibans après vingt ans de présence militaire américaine. Pensez-vous qu’il y ait des risques que le Mali sombre de la même manière ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

Je ne dis pas qu’il n’y a aucun risque mais je vois les risques plutôt s’amoindrir au fur et à mesure. L’Armée malienne recrute, monte en puissance et est capable de se déployer. Il y a des unités maliennes à des endroits où elles venaient peu, et ces unités sont de plus en plus capables d’opérer seules parfois, et c’est très bien. D’ailleurs tout ce qui peut contribuer à aider l’armée malienne à mener ses opérations de sécurisation seule, évidemment dans le bon sens, est plutôt favorable et positive. Le deuxième volet c’est que contrairement à ce qui se passe aujourd’hui à Kaboul, on a aujourd’hui huit (8) pays européens qui ont accepté de venir, donc ce n’est pas un désengagement, mais plutôt au contraire des européens qui ont plus, envie, confiance qu’il faut aider le Mali. Mais aussi son voisin le Niger et le Burkina. Donc à mon avis c’est plutôt bien pour la sécurité au Mali, et ça aide le Mali à être pleinement souverain de son État.

Nouvel Horizon :

D’ici la fin de la transformation de la Force Barkhane, y a-t-il de nouveaux objectifs fixés en termes de lutte contre le terrorisme dans le Sahel ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane : 

 Pas de nouveaux objectifs, mais les mêmes objectifs maintenus, à savoir le combat contre les groupes terroristes. Cibler le plus possible ceux qui sont affiliés à Al Qaida et l’État islamique dont on connait bien la barbarie et l’emploi de la terreur. Ce sont les mêmes objectifs qui sont maintenus dans toute la région.

Nouvel Horizon :

Pensez-vous que le second coup d’État du 24 mai dernier a accéléré le processus de transformation de la Force Barkhane ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

Sincèrement je ne pense pas. Ça fait entre deux (2) ans et dix-huit (18) mois, depuis les sommets de Pau et de N’Djamena, qu’on évoque cette évolution de la Force Barkhane, pour ce qui est des Français. Mais aussi de l’évolution des forces armées maliennes, nigériennes, qui montent en puissance également. Qu’on implique davantage des contingents dans la force conjointe G5, qui se base sur les trois frontières. Et on a vu le déploiement des huitièmes bataillons, il y a quelques mois. Donc c’est une évolution qui se poursuit et qui a été initiée il y a assez longtemps. La FCG5 a maintenant plusieurs années, mais forcement cela prend du temps de monter en gamme des unités des différents pays qui y participent, pour se battre sur les zones frontalières. Donc désormais la Force G5 est au format que les Chefs d’Etat avaient agréé. Et l’évolution de Barkhane c’est pareil. Le coup d’Etat a peu à avoir dans cette évolution. Évolution qui est imaginée et partagée depuis assez longtemps.

Nouvel Horizon :

Comment se déroule actuellement la coopération avec les FAMa ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

 Elle est bonne ou très bonne, dépendamment de là où on met le curseur. Sur le terrain elle est très bonne. Il y a eu un moment d’interruption, mais les contacts sont repris. Et la planification des opérations, ou les échanges des renseignements, ou les demandes d’appui et de soutien, fonctionnent selon des mécanismes qui sont bien rodés. Je trouve qu’on est plutôt de plus en plus réactifs les uns avec les autres, au fil des années, donc c’est une vraie satisfaction. C’est très militaire mais c’est important dans le cadre de la planification et de la conduite des opérations. Et avec l’Etat-major de Bamako, les relations sont bonnes et cordiales comme elles doivent l’être.

Nouvel Horizon :

 Selon vous quelle serait la meilleure stratégie à adopter par les FAMa pour élargir leur emprise sur le terrain ?

Général Laurent MICHON, COMANFOR Barkhane :

 Je pense sincèrement que le choix actuel de l’Armée Malienne est le bon, et qu’il faut être patient et progressif. Pour monter en gamme un certain nombre d’unités qui sont neuves, car encore une fois l’armée malienne recrute beaucoup et forme ; ça passe par la formation des cadres, des officiers, des sous-officiers. Et ça c’est source d’espoir pour l’avenir d’une part, ensuite, nous (l’Europe et d’autres acteurs) aidons à l’équipement, à la formation de ces unités maliennes et à leur déploiement et donc lorsqu’on aide l’armée malienne à revenir sur des garnisons, que ça soit durable dans le Nord ou dans le Liptako par exemple, c’est une stratégie qui paye à coups surs pour permettre à l’État de revenir dans cette zone ; plutôt que d’abandonner des populations civiles aux mains des terroristes. Et simplement, ça prend du temps, et c’est normal. Donc il faut faire preuve d’autant de patience que notre ennemi lui est patient.

Je veux préciser que Barkhane ne s’en va pas. Barkhane reste, va évoluer, va s’européaniser en partie, donc il y aura une partie française et une partie européenne. Et la partie européenne reste sous commandement Français. C’est ce que veulent les capitales européennes. Donc il n’y a pas de désengagement au sens où on passe le relais à d’autres. Il y a plutôt un transfert d’une partie de Barkhane qui devient européenne mais ce sera toujours sous commandement Français. Dans tous les cas c’est ce qui est voulu pour l’opération future, dans le format futur et de l’année à venir.

Entretien réalisé par Awa Chouaïdou TRAORÉ – NOUVEL HORIZON

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