ven. Juin 24th, 2022

APRÈS LA MORT EN DETENTION DE SOUMEYLOU BOUBEYE MAIGA

QU’ADVIENDRA-T-IL DE MME BOUARÉ FILY SISSOKO ?

Placée sous mandat de dépôt le 26 Aout 2021 dans le cadre de l’affaire dite achat de l’avion Présidentiel et des Equipements militaires, Mme Bouaré Fily Sissoko ancienne ministre de l’économie et des finances de 2013 à 2015 est incarcérée depuis bientôt Dix mois au centre pénitentiaire pour femmes de Bollé. Apres de multiples interrogatoires sur le fond, Mme Bouaré est aujourd’hui en attente de l’acceptation d’une seconde demande de mise en liberté.

Cela fait bientôt dix longs mois que l’ancienne ministre de l’économie et des finances sous le régime IBK est privée de sa liberté. Cette affaire dite de l’achat de l’avion Présidentiel et des Equipements militaires qui avait été classée « sans suite » en 2019 par le procureur chargé du pôle économique et financier, a été réouverte par la justice. Depuis lors, des personnes ont été interpellées et incarcérées dont l’ancien premier Ministre Soumeylou Boubeye Maïga, mort en détention le 21 Mars 2022 alors qu’il attendait son procès.

Dans cette affaire qui défraie la Chronique, le cas de Mme Bouaré Fily Sissoko interpelle plus d’un. En effet, selon des sources proches du dossier, Mme Bouaré a été interrogée pour la première fois en 2015 a sa propre demande, car voulant que lumière soit faite sur cette affaire ; puis une seconde fois en octobre 2021, suite à son incarcération. Au total depuis sa mise sous mandat de dépôt en Aout 2021, madame Bouaré a été interrogée quatre fois par la chambre d’instruction. À la suite de son troisième interrogatoire en mars 2022, les conseils de la dame Bouaré avaient introduit une demande de mise en liberté, qui a été refusée alors que selon les confidences d’une source judiciaire, « il avait été dit que tous les dossiers ont été survolé ».

UNE DETENUE « PAR DEFAUT » ?

L’incération de Mme Bouare à Bollé ainsi que le refus de sa mise en liberté suite à sa première demande constituent pour ses proches des actes posés « par défaut ». En effet selon une source proche du dossier le motif de refus évoqué par la cour suprême est « l’importance des fonds en cause et la complexité des opérations et actes posés imposent des vérifications multiples au regard des infractions qui fondent l’inculpation ; qu’il en résulte des lors que la détention de l’inculpée est encore nécessaire à la manifestation de la vérité ». Or, Selon des indiscrétions, cet argument est remis en cause par les conseils de l’inculpée puisque, « Jusque-là il n’y a pas de faits infractionnels véritables qui lui sont reprochés » précise une source, et de rajouter que techniquement « tous les dossiers ont été survolés et toutes les questions devant être posées à Mme Bouaré lui ont été adressées ». D’où l’incompréhension face au refus de lui accorder une liberté sous contrôle judiciaire, dont les mesures sont définies par le juge.

L’autre aspect et non des moindres qui interpelle et inquiète les proches de l’ex ministre dans la suite des procédures, est le fait que dans ces dossiers dits de l’ achat de l’avion Présidentiel et des Equipements militaires, les principales personnes citées et qui étaient présentes au Mali à savoir l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita ainsi que l’ancien ministre de la défense à l’époque des faits , Soumeylou Boubeye Maïga, sont tous deux décédés sans avoir pu être écoutés et emportent ainsi avec eux une grande partie des faits. Quant aux autres qui se sont vu transmettre des convocations ou qui sont activement recherchés par la justice, la plupart d’entre eux sont hors du Mali et ne peuvent donc être entendus pour des besoins d’enquête.

Selon les proches de Mme Bouaré au vu des récents évènements, cette dernière n’est autre qu’un « bouc émissaire » qui sert « d’exemple » , elle qui s’est toujours mise volontier à la disposition de la justice.

UNE FEMME BOUC EMISSAIRE ?

Le traitement réservé à Mme Bouaré suscite l’incompréhension de ses proches ; elle qui dès le départ a demandé que lumière soit faite pour que son honneur soit restauré dans cette affaire qui, a ses dires, a entachée sa carrière de « forfaiture », cela après plus de 30 ans de vie mis au service de son pays. C’est pourquoi, dès les premières heures de l’ouverture de l’enquête, Mme Bouaré s’était entièrement mise à la disposition de la justice afin que le droit soit dit et cela pour que « si quelqu’un s’est personnellement enrichi à la faveur des dites transactions, alors que ce dernier réponde sans aucune considération pour son rang ». C’est bien là en substance ce qu’avait exprimé Mme Bouaré en mars 2020 au ministre de la justice de l’époque, Malick Coulibaly, à travers une lettre a lui transmise.

Il faut dire que, contrairement à bien d’autres qui sont activement recherchés par la justice dans cette affaire et qui ont flagramment fui le pays, Mme Bouaré s’est montrée irréprochable quant au respect des lois et de la justice qu’elle-même encourage à agir de manière libre et dans le strict respect des textes en vigueur.

C’est ainsi qu’en 2015, au vu de l’ampleur des accusations « sans fondements » à son encontre et pour que justice soit rendue, Madame Bouaré avait saisi le ministre de la justice de l’époque, Mahamadou DIARRA, afin que ce dernier use de ses attributs de ministre de la justice pour que le droit soit dit et que la dignité des personnes accusées a tort soit restaurée. Suite à quoi le pôle économique et financier avait auditionné Mme Bouaré. Dans la même foulée, l’ex ministre de l’économie et des finances s’était adressée au président Ibrahim Boubacar Keita à travers un courrier dans lequel elle déclare être entièrement à disposition de la justice, elle en qui le président avait eu confiance au point de lui confier le département stratégique qu’est celui de l’économie et des finances. Malgré que les enquêtes n’aient pas abouti et que le dossier ait été classé sans suite, Mme Bouaré a toujours jugé nécessaire que le droit soit dit afin que les maliens sachent qu’elle n’est aucunement coupable de détournement de deniers publics pour des fins d’enrichissement illicite.

C’est pourquoi, en 2020, alors qu’elle était commissaire du Mali à la commission de l’UEMOA au Burkina Faso, Mme Bouare ayant eu échos de la réouverture des enquêtes, a aussitôt par courrier, signifié sa disponibilité au ministre de la justice de l’époque , Malick COULIBALY, pour tout besoin d’enquête, cela, même à des kilomètres du Mali. Dans ce courrier, Mme Bouaré avait même émis des propositions pertinentes pour la suite de l’enquête au Ministre Coulibaly, propositions relatives à l’activation du dispositif international qui existe en matière de traque de flux financiers opaques et de biens mal acquis. Une proposition fortement appréciée par le Ministre qu’il avait à l’époque qualifiée « d’intéressante » et y accorder « une importance particulière ».

De même après le coup d’état d’Aout 2020, madame Bouaré n’a pas hésité à approcher les autorités de transition et leur assurer de toute sa disponibilité pour un quelconque besoin d’enquête, cela avant même sa mise sous mandat de dépôt en Aout 2021.

C’est fort de ces différentes démarches accomplies par cette dame veuve et mère de famille, que des sources proches du dossier sont stupéfaites de la décision de justice de la maintenir

enfermée a Bollé plutôt que sous contrôle judiciaire. Aujourd’hui, il nous revient que les risques de dégradation de sa santé suite à un long moment de sédentarité pèsent et que ses proches gardant foi en la justice, craignent pour cette dame âgée de 66 ans qui n’a d’autre choix que de s’en remettre à Dieu et à la justice Humaine.

Alors que le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, soucieux d’une justice équitable avait lors d’une de ses adresses à la nation, appelé à « éviter tout excès » et au « respect des principes sacro-saints de la procédure judicaire », l’inquiétude monte quant au sort désormais réservé à Mme Bouare Fily SISSOKO, détenue « expiatoire » aux dires de ses proches et abusée du fait de sa sincérité.

C’est pourquoi la famille de madame Bouaré interpelle le chef de l’Etat Colonel Assimi Goïta, afin que l’importance qu’il porte à une justice « sans excès » et respectueuse des « principes sacro saints de la procédure judiciaire » soit appliquée pour que très vite cette mère, tante, et sœur, qui a vu partir un a un ses supérieurs hiérarchiques ordonnateurs à l’époque des faits, se voit accorder une liberté sous contrôle judiciaire. Liberté de surcroit sous contrôle judiciaire, qui en rien ne saurait entraver la poursuite des enquêtes, et qui bien au contraire permettra à une sexagénaire et mère de retrouver ses enfants et ses proches dans un meilleur cadre de vie, car quoi qu’on dise, personne ne sait de quoi demain sera fait .

AWA CHOUAIDOU TRAORE – NOUVEL HORIZON

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.