ven. Déc 2nd, 2022

RESILIENCE ET RELANCE DE L’ECONOMIE

RESILIENCE ET RELANCE DE L’ECONOMIE

Les sanctions économiques et financières de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  à l’encontre du Mali ont porté un coup dur à notre pays  . Au lendemain de la levée de cet embargo, nombreux sont ceux qui espéraient une « bouffée d’air » notamment avec  la multiplication des emprunts sur le marché des titres publics de l’UMOA qui vise à renflouer les caisses de l’Etat. Malgré tout après plus de trois mois post-embargo force est de reconnaitre qu’aucune amélioration n’est palpable et que l’économie va de Mal en pis.

Alors que de nombreux économistes avaient prédit que le Mali n’aurait pu tenir plus de trois mois sous embargo, c’est bien six mois que notre pays a passé sous le joug de lourdes sanctions économiques et financières, cela contre toute attente et sans que les militaires ne jettent l’éponge.  Malgré tout, le risque encouru , si les sanctions perduraient au-delà du 1er trimestre de l’Année 2022, était une récession de l’économie. Ce risque semble être devenu une réalité puisque’ au lendemain de la levée de l’embargo en juillet dernier, la loi de finances 2022 qui avait été adopté en fin 2021 a été rectifiée en aout dernier avec comme principale objectif de multiples réductions budgétaires. Ainsi,  les prévisions sur les recettes budgétaires ont été revues à la baisse  et s’élèvent à 1 982,440 milliards de FCFA contre 2 130,721 milliards de FCFA dans la loi de Finances initiale 2022, soit une diminution de 148,281 milliards de FCFA, correspondant à une baisse de 6,96 %. Par ricochet les prévisions de dépenses ont elles aussi été revues à la baisse et s’élèvent à 2 468,647 milliards de FCFA contre 2 605,070 milliards de FCFA dans la loi de Finances initiale, soit une diminution de 136,423 milliards de FCFA ou un taux de régression de 5,24%.

Avec la réévaluation de ces prévisions budgétaires et la diminution des dépenses, l’Etat malien impacte négativement sur les recettes des sociétés privées qui ont comme premier client l’Etat lui-même. Ainsi la part du budget d’Etat qui était initialement destinée aux affaires économiques est passée de 561,982 milliards de francs CFA soit 20,45% du budget a  383,575 milliards de Fcfa soit 14,49% du Budget, au profit d’une hausse des dépenses destinées à la Défense qui sont passées de 11,51% à 16,10%.

Ce choix, tout à fait compréhensible a une période cruciale comme celle que nous vivons, et ou la sécurisation du territoire national reste une priorité, crée néanmoins une situation de plus en plus invivable pour les populations qu’il urgerait de revoir. Dans la capitale, l’Etat déplorable de l’économie se reflète à tous les niveaux. Bamako qui était devenu le point de convergence des populations rurales qui y affluaient, était synonyme d’eldorado économique. Cet exode rural qui, a vue d’œil, avait créé une « surpopulation » de la ville, semble s’être évanouie dans la nature . En effet, il suffit de jeter un œil a la circulation routière aux heures de pointe. Invivable il Ya moins de deux mois, aujourd’hui la fluidité et le vide se font sentir sur les grandes artères. La triple hausse des tarifs des carburants se fait sentir et Dans les marchés, ou se font quotidiennement de multiples transactions économiques à hauteur de dizaines de milliards de francs CFA, nombreux sont les magasins qui ont mis la clef sous la porte et les commerçants qui errent en attendant un retour normal des affaires. Dans les départements ministériels ou les fonctionnaires étaient enviés, ces derniers crient à la rupture de nombreux des avantages dont ils bénéficiaient auparavant.  Avec un taux d’inflation estimé à 7% en 2022 selon la Banque Mondiale, nombreux sont les ménages qui ont dû revoir leurs dépenses de consommation à la baisse ne voyant aucune hausse être opérée sur leurs revenus.

Malgré tout, la résilience des maliens est à saluer. Ce peuple qui a tenu durant six mois d’embargo en espérant des jours meilleurs et qui même après la levée de ces sanctions vie des moments durs reste patriote et dévoué. Cet acte de patriotisme dont font preuve les populations est à prendre avec une très grande considération par les autorités qui avaient promis des jours meilleurs après les moments de « disette ». Une fois l’embargo levé, la multiplication des emprunts sur le marché des titres financier de l’UEMOA a coup de milliards qui attestent de la confiance des partenaires,  il serait temps qu’une politique adéquate  de relance de l’économie sois mise en place afin que la « bouffée d’air » tant attendue par le malien soit,  ne serait-ce qu’un minimum effectif. Comme un effet domino, le reste suivra inévitablement.

AWA CHOUAÏDOU TRAORE – NOUVEL HORIZON

2 thoughts on “RESILIENCE ET RELANCE DE L’ECONOMIE

  1. You could certainly see your expertise in the work you write. The world hopes for more passionate writers like you who aren’t afraid to say how they believe. Always follow your heart.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *