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Assainissement de la ville de Bamako : UN COLLECTIF DE 180 GIE DEMANDE DE RESILIER LE CONTRAT D’OZONE

Autre fois surnommée la coquète, Bamako, la capitale malienne est, de nos jours, loin et très loin de son lustre d’antan. Aujourd’hui, elle est l’une des villes les plus sales de l’Afrique de l’Ouest. Plusieurs facteurs expliquent cet état de fait : manque de volonté politique ; pilotage à vue ; pas de schéma directeur ; croissance démographique galopante et non maîtrisée ; manque de moyens roulant pour la collecte des déchets ; déficit du nombre de dépôts de transit des déchets ; absence de décharges finales ; entre autres.

Pour remédier à cette situation, rendre Bamako propre, les pouvoirs publics ont signé une convention avec le groupe OZONE, une entreprise Marocaine pour plus de 9 milliards de F CFA. Le groupe OZONE-Mali a lancé en grande pompe ses travaux d’assainissement de Bamako, le 9 février 2015, après la signature de son contrat. Plus de 3 ans après, OZONE-Mali a montré ses limites ; et il est question de résilier son contrat de plus de 9 milliards de F CFA par an. En tout cas, c’est ce que souhaite le Collectif des Groupements de GIE Intervenant dans l’Assainissement au Mali (COGIAM), présidé par Bamadou SIDIBE. Ledit Collectif a animé une conférence de presse, le samedi, 10 mars 2018, à la Maison de la Presse. Aux côtés de Bamadou SIDIBE, il y avait : Mme KOUYATE Fatoumata, GIE Commune III ; Mme KEITA Fatoumata DOUMBIA, GIE Commune IV ; Mamby KEITA, GIE Commune IV ; Mallaye SIDIBE ; Mme Nani KEITA dite Banan entre autres.

Avant l’arrivée d’Ozone, la gestion des ordures était assurée par des groupements d’Intérêts Economiques (GIE). Cent soixante-dix-neuf GIE étaient répartis entre les 6 Communes du district de Bamako. Ces groupements ont été mis à l’écart au profit de l’entreprise marocaine. Ces GIE, même s’ils ne parvenaient pas à exécuter efficacement les travaux, appartenaient quand même à des Maliens et leurs fonds étaient utilisés dans notre pays. Mais, Ozone, qui emploie certes des Maliens, n’arrive pas à fidéliser ses travailleurs à cause du mauvais traitement à leur égard.

OZONE-MALI : LA DECEPTION

Une source proche du Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable (MEADD) a laissé entendre que le gouvernement, singulièrement ne serait pas satisfait de la prestation d’Ozone. Selon cette source, tant que la ville de Bamako demeurera sale et que les ordures des dépôts de transit ne seront définitivement pas acheminées à la décharge de Noumoubougou, le gouvernement ne sera pas satisfait du travail d’Ozone-Mali.

Les GIE évoluant dans l’assainissement de la ville de Bamako qui avaient été exclus au départ, sont en train d’être mis dans leur droit. C’est pourquoi, dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de propreté de la ville de Bamako, ils ont été conviés par le Ministère des Collectivités Locales en réunion le 19 octobre 2017. Au cours de cette rencontre, il y a eu la mise en place, d’une commission technique présidée par Mme MAIGA, conseillère Technique dudit Département. De réunion en réunion, il a été convenu ce qui suit : Que les GIE membres du COGIAM assurent la pré-collecte des ordures ménagères dans leur territoire prédéfini par la Mairie de sa commune. Les six Maires des communes du District sont signataires du protocole conformément aux textes de la décentralisation qui leur transfert les compétences de gestion de la pré-collecte des ordures ménagères. Les collectivités avec l’appui des GIE assureront le recouvrement des frais pour service rendu, sous la responsabilité des Maires des six Communes du District de Bamako.

LES PROPOSITIONS DU COGIAM

Le Collectif des Groupements Intervenant dans l’Assainissement au Mali (COGIAM) a fait des propositions qui doivent être intégrées dans le protocole. Que les GIE membres du COGIAM assurent la pré- collecte des déchets ménagers devant les concessions ; la mise en dépôt de transit des déchets ; le recouvrement des frais de prestation pour service rendu auprès des concessions abonnées au GIE, dont le montant est fixé par un arrêté du conseil du District de Bamako à 3 000 F CFA par concession et par mois destiné au frais de ramassage en dépôt de transit. Les Mairies des six Communes du District de Bamako assurent l’organisation de la pré-collecte sur l’ensemble du territoire de sa commune ; l’assistance technique et organisationnelle des GIE; la création et l’aménagement des dépôts de transit; le suivi et le contrôle des travaux d’assainissement de leur commune ; la sensibilisation des citoyens pour leur adhésion obligatoire au système de pré-collecte et le paiement des frais de prestation.

La Mairie du District de Bamako assure l’évacuation des dépôts de transit à la décharge finale ; la création et l’aménagement des dépôts de transit ; la suppression des dépôts sauvages existants ; OZONE- Mali assure la collecte des déchets à partir des dépôts de transit vers la décharge finale ; la suppression des dépôts sauvages ; le nettoiement de la voirie, notamment les chaussées, trottoirs caniveaux ; le lavage des voies et des places publiques ; exploitation et l’entretien de la décharge finale.

LES POINTS DE DESACCORD DU PROTOCOLE

Les points de désaccord du protocole concernent les articles 8 et 9 principalement.

L’article 8 parle du recouvrement de la redevance de pré-collecte, assurée par la Cellule de recouvrement de la redevance des ordures ménagères, créée à cette fin par la Mairie du District de Bamako, en collaboration avec les six maires des communes du District. Des antennes de la Cellule seront créées au niveau des mairies pour assurer le recouvrement.

L’article 9 donne des précisions sur la modalité de paiement. Ainsi, les décomptes seront établis sur la base d’une évaluation faite par la commission technique mise en place par la commune à cette fin. « Suite à nos échanges, il est impérieux de souligner que la prise en compte de nos préoccupations relatives au recouvrement des frais de prestation pour services rendus par la cellule en lieu et place des GIE est une entorse au fonctionnement des GIE. Nous membres du COGIAM avons décidé de ne pas signer le document de protocole de collaboration à la forme actuelle », a conclu Bamadou SIDIBE, président du Collectif des Groupements Intervenant dans l’Assainissement au Mali (COGIAM).

Daba Balla KEITA

 

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