A LA UNEANALYSESDÉFENSE & SÉCURITÉurgent

DOGO (CERCLE DE YOUAROU) • Découverte d’un charnier contenant 6 corps • Les FAMA encore soupçonnées par Human Rights Watch ?

Le dimanche 25 mars courant, les habitants de la commune rurale de Dogo, dans le cercle Youwarou, région de Mopti, ont découvert à seulement un Km à la sortie de leur village, un charnier dans lequel gisaient six (6) corps, enterrés là récemment, avec tous des yeux bandés. Après l’identification des corps, il s’est avéré que cinq d’entre eux étaient bien connus dans le village et qu’ils étaient tous des commerçants peuls et non des djihadistes. Il ressort des déclarations obtenues auprès des populations que ces hommes avaient été arrêtés le jeudi 22 mars 2018, lors d’une opération militaire contre les djihadistes dans la zone.

Le Maire de Dogo, Oumar Dicko lui-même a témoigné que ceux dont les corps ont été découverts dans la fosse commune étaient des autochtones du village et que l’on n’avait rien à leur reprocher. L’occasion était bonne pour l’Organisation de défense des droits de l’homme, Human Right Watch, de se saisir de cette affaire qui, en vérité, laisse perplexe plus d’un observateur. C’est dans ce cadre que Corinne Dufka lancera un appel à l’endroit des autorités maliennes afin qu’elles ouvrent une enquête car, pour cette représentante de l’ONG Human Rights Watch, il y a des soupçons clairs d’exécutions sommaires. « La dernière fois qu’ils ont été vus, c’était au moment de leurs arrestations et plus tard ils ont été retrouvés morts. Donc ça veut dire forcement qu’il y a quelque chose qui n’est pas normal. Je ne pourrais pas dire si leurs morts étaient l’œuvre de civils ou des membres de forces armées. Mais aux yeux de la loi, chaque suspect arrêté par l’armée doit être remis à la gendarmerie ou auprès de la justice. A cet effet, nous en appelons à la justice malienne pour qu’elle ouvre des enquêtes à propos de cette affaire », a dit Corinne Dufka. Mais si cette représentante de l’ONG HRW a voulu restée prudente et mesurée dans ses propos, nul n’est dupe qu’elle est plutôt encline porter des soupçons sur les FAMA, dans cette affaire de charnier découvert aux portes de Dogo.

Selon elle, l’année dernière aussi et dans la même zone, trois fosses communes avaient été découvertes par Human Rights Watch et d’autres ONG qui ont interpellé en son temps, qui de droit. Du côté du gouvernement malien, on rassure qu’en cas de soupçons d’exécutions sommaires, il y aura forcément des enquêtes, mais que concernant ce cas de la fosse commune découverte à Dogo, le ministère malien de la Défense qui affirme n’avoir pas été encore officiellement saisi de nulle part, rassure cependant que des opérations sont en cours pour éclaircir cette affaire. C’est le lieu de dire que la lutte contre les djihadistes, notamment dans le delta central et dans la boucle du Niger, est une opération extrêmement délicate dans la mesure où la réalité sur le terrain est qu’ils sont légion les jeunes, surtout de la communauté peule, qui sont de connivence avec les djihadistes, mais sans jamais le laisser paraitre clairement. Ce sont eux justement qui compliquent la tâche à nos soldats dans la mesure où ils ont ‘’un pied dans le terrorisme’’ et ‘’un pied du côté des populations’’.

Il suffit de toucher à un cheveu de ces djihadistes déguisés, pour que les organisations de défense des droits de l’homme crient à la violation des droits humains, comme si les nombreuses victimes qui tombent tous les jours sous les balles assassines des djihadistes n’ont pas droit à la vie. En tout cas ce qui est sûr, c’est que l’armée malienne est une institution nationale de défense soucieuse du respect des droits humains.

Toute cette ‘’racaille’’ mène des actions dans certaines localités, tant dans le centre que dans le septentrion du pays, en commettant de très graves exactions sur les populations. Human Rights Watch tient-elle compte de ce paramètre dans ses enquêtes ?

C’est un secret de polichinelle que dire, dans certaines localités du centre du pays où les populations civiles sont abandonnées à leurs sorts du fait de l’absence des services de sécurité de l’Etat, certaines personnes mal intentionnées ne s’embarrassent guère de porter des treillis et commettre des forfaits en se faisant passer pour des soldats. Certains citoyens appartenant à des communautés ethniques bien précises ont été trouvés en possession illégale d’armes et d’accoutrements militaires sans pour autant qu’ils ne soient reconnus officiellement dans les rangs de l’armée nationale. Toute cette ‘’racaille’’ mène des actions dans certaines localités, tant dans le centre que dans le septentrion du pays, en commettant de très graves exactions sur les populations. Human Rights Watch tient-elle compte de ce paramètre dans ses enquêtes ? Pas si sûr. Pour le cas des six cadavres découverts dans le charnier près de Dogo (cercle de Youarou), si l’opinion générale villageoise est que les infortunés jouissaient d’une certaine notoriété, il est vraiment impensable qu’ils aient été ‘’liquidés ‘’ par des soldats maliens après les avoir arrêtés, comme veulent le faire croire les allégations de Corinne Dufka. Souhaitons que les enquêtes nous édifient davantage.

Mamadou GABA

Share:

Leave a reply