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mer. Oct 21st, 2020

GUERRE DE CLANS POUR LE CONTRÔLE DE L’AEEM À L’UNIVERSITÉ DE BAMAKO

QUAND LA VIOLENCE PRIME SUR LES ETUDES

« Une fois n’est pas coutume », le sang a de nouveau coulé sur la « colline du Savoir ». Deux (02) groupes rivaux candidats aux sections AEEM (Association des Élèves et Étudiants du Mali) de la Faculté des Sciences et Techniques (FST) et de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG) se sont affrontés. Le premier bilan fait état de cinq (05) blessés graves. Des armes à feu ainsi que des machettes ont été utilisées par les étudiants pour commettre ces forfaits qui font honte à l’école malienne. Le mobile de ces crimes est lié à l’argent et non aux études.

Les privilèges que les différents Gouvernements ont accordés à l’AEEM ont contribué à la décadence de l’école ainsi qu’à la prolifération des armes sur la ‘‘Colline du Savoir’’. Cela s’explique par le fait que celui qui arrive à s’imposer à la tête de l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) devient automatiquement riche car des ministres n’hésitent pas à leur fournir des enveloppes, pourvu que l’année ne soit pas entachée de grèves des élèves et étudiants. L’AEEM ancienne formule est morte depuis la politisation de l’école par les régimes précédents. La violence a désormais pris le dessus sur les études. Au cours des affrontements d’hier, des étudiants ont été blessés par des armes artisanales, d’autres ont eu des coups de machette au crâne.

À titre de rappel, il s ‘est tenu, les 25 et 26 janvier 2018, le forum sur L’INSECURITE DANS LES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES DU MALI. Le forum a regroupé les acteurs et les partenaires de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique du Mali. Au cours des travaux, il y a eu des incompréhensions sur les conventions entre l’État et l’AEEM relative à la rétrocession de la gestion des résidences universitaires au Centre National des Œuvres Universitaires (CENOU). Le constat général est que le CENOU a largement respecté ses engagements, ce qui est loin d’être le cas pour l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM). L’exemple de ce non-respect des engagements par l’AEEM est l’occupation de plus de 200 lits contrairement aux dispositions de la convention qui lui en octroie 22.

Sur l’état de la violence dans l’espace universitaire, il y a eu dix-sept (17) incidents violents de diverses natures au cours de l’année universitaire 2016-2017. Les causes de ces violences sont essentiellement liées à la compétition entre étudiants pour accéder à des ressources financières ou pour gérer ces ressources. En moyenne le CENOU rétrocède à l’AEEM dans l’année plus de trente (30) millions de FCFA, décaissés sur la base de projets et activités à mener. Il a été proposé par les analystes de mettre fin à l’occupation anarchique de lits et à la vente de reçus parallèles en respectant strictement les protocoles d’accord; de confier la gestion des parkings, des cantines et gargotes ainsi que des kiosques au Centre National des Œuvres Universitaires (CENOU) et/ou à l’Administration des structures; de supprimer le quota de lits afin de mettre tous les étudiants sur le même pied d’égalité et de conditionner le bénéfice des œuvres universitaires à l’acquisition de la carte CENOU.

Il a été également proposé de faire assurer la sécurité de façon permanente dans l’espace scolaire et universitaire et de demander à l’AEEM de justifier l’utilisation des fonds reçus. L’une des importantes recommandations du forum sur la violence scolaire est de mettre fin à tout financement public de l’AEEM. En somme, étant donné que l’AEEM n’est pas une association reconnue d’utilité publique et que la gestion des ressources financières entraine des morts d’hommes, les participants avaient recommandé d’abroger purement et simplement les protocoles d’accord entre l’État et l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM).

Mahamane TOURÉ – NOUVEL HORIZON

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