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L’ANNÉE BLANCHE DÉJÀ CONSOMMÉE :LES ENSEIGNANTS CRACHENT SUR LES 15 MILLIARDS DU GOUVERNEMENT

Après 72 heures de négociation-conciliation entre le gouvernement malien et les syndicats d’enseignants (13, 14 et 15 mai 2019) autour de leur principal point de revendications, relatif à ‘‘l’indemnité de résidence’’ ou ‘‘primes de logement’’ les lignes semblent avoir bougé sans résultat.

Pendant que les enseignants demandent40 000 pour les catégories C, 50 000 pour les catégories B et 75 000 F CFA pour les enseignants de la catégorie A, le gouvernement propose 20 000 F CFA pour l’ensemble des 56 000 enseignants du pays. Ce qui donne une incidence financière de 15 milliards de F CFA/an. La commission de conciliation, présidée par El hadj Issaga TRAORE, a appelé les deux parties ce vendredi matin pour la signature du PV de non Conciliation, confirmant la consommation de l’année blanche 2018-2019.

ENTRE INDEMNITÉ ET PRIME DE RÉSIDENCE

La crise de l’école est loin d’être terminée. La Commission de Conciliation, le Gouvernement et les Syndicats de Signataires du 15 octobre 2016 se sont donné rendez-vous ce vendredi matin, 17 mai 2019, pour la signature du Procès-verbal (PV) de non conciliation, dans les locaux du ministère de l’Éducation Nationale. Outre le montant, il y a blocage autour des terminologies ‘‘indemnité de résidence’’ pour le gouvernement qui ne veut pas entendre ‘‘prime de logement’’, selon l’appellation des enseignants. Ce vendredi, 17 mai, les parties se sont donné rendez-vous pour  la signature du PV (Procès-Verbal) de non conciliation. Du coup, c’est l’année blanche 2018-2019 qui sera consommée.

DEUX POINTS DE DÉSACCORD SUR 10

Le Collectif exige du gouvernement la satisfaction de 10 points de revendication sur lesquels 8 ont déjà fait l’objet d’un accord total.

Les 2 points de désaccord sont relatifs au taux d’indemnité de résidence ou prime de logement, selon que l’on soit gouvernement ou enseignant et l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales aux services centraux de l’État.

La proposition faite par le gouvernement, à savoir l’octroi d’indemnité de résidence de 20 000 F CFA pour l’ensemble des 56 000 enseignants, a été rejeté du revers de la main par les syndicats d’enseignants. Ils ont jugé cette somme dérisoire. Et pourtant, l’incidence financière est de 15 milliards de F CFA/an. Les enseignants veulent le double, soit 40 000 pour les catégories C ; 50 000 pour les catégories B et 75 000 F CFA pour les enseignants de la catégorie A.

TEMORE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE POUR RENDRE COMPTE AUX DÉPUTES

Devant les élus du peuple, où il a fait le point des négociations le mardi, 14 mai 2019, à l’Assemblée Nationale, le ministre de l’Éducation nationale, Témoré TIOULENTA, a indiqué que le gouvernement est en déphasage avec les enseignants sur les indemnités de logement. Dans l’arsenal juridique, la loi ne prévoit pas de ‘‘prime de logement’’ ; mais ‘‘d’indemnité de résidence’’. Pas question d’ouvrir la boite de pandore en créant injustement et exclusivement pour les enseignants des ‘‘primes de logement’’. Le risque est trop grand. Tous les syndicats des autres secteurs peuvent demander ce que les enseignants demandent. «Si on le crée, c’est pour tous les travailleurs. Autant le corps enseignant est important, autant chaque Malien est important», a martelé Témoré TIOULENTA.
En tout cas, le gouvernement a fait montre de sa bonne volonté sans parvenir à convaincre les extrémistes enseignants. Avec cette année blanche, c’est l’avenir de toute une génération d’enfants qui est compromis. Si les décideurs que sont les Directeurs Nationaux, DG, PDG, et autres ministres avaient leurs enfants dans ce pays et dans les écoles publiques, accepteraient-ils une autre année blanche, après celle de 1993-1994 ?

PAR Daba Balla KEITA

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