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ven. Oct 30th, 2020

SOUMAILA CISSÉ TRÈS DÉCONTRACTÉ SUR LE PLATEAU DE L’ORTM

LE PRESIDENT DE L’URD REVIENT SUR LES RAISONS DE SON RAPT, SON VÉCU QUOTIDIEN ET LES CONDITIONS DE SA LIBERATION

Le Présent de l’URD est libre. Bénéficiant d’un accueil populaire digne d’un héros de la République, l’otage politique le plus célèbre du Mali durant ces 6 derniers mois était l’invité de la télévision Nationale pour parler de son malheureux périple à travers le centre et le nord du pays. Au micro de notre Confrère, Yaya KONATE, il se livre sans détours.

 ORTM1 : vous avez l’air plutôt en forme comment est-ce que vous vous sentez Monsieur, le président ?

M. Soumaila CISSE :  ‘’non je suis effectivement en forme je me sens bien. Je crois que dans des cas comme ça, il faut absolument développer une hygiène de vie pour pouvoir résister moralement et résister physiquement. Je crois que ma thérapie était très simple. Il fallait ne jamais être déshydraté ; donc boire au maximum entre 2 ,3, 4 litres par jour et marcher chaque fois qu’on peut, il m’arrivait de faire des marches de 30 minutes, d’une heure ou même plus, je crois que je me suis tenu à ça pendant longtemps et je crois que ça m’a beaucoup aidé ».

ORTM1 : Le fait d’être un peu originaire du Nord du Mali, ça vous a aidé aussi à tenir dans ces conditions ?

M. Soumaila CISSE : Non ça n’a rien à voir. Vous savez le Mali est très grand et le nord de la mali, c’est deux tiers (2/3) du pays. Moi je suis d’une zone où il y a beaucoup d’eau, c’est des zones d’inondations, il y a le fleuve partout, il y a l’herbe partout, il y a   du lait partout, il y a les vaches partout. Dans le grand nord, c’est vraiment   le grand désert, il y a des endroits où il n’y aucune végétation, je dis bien, aucune végétation. Les températures sont extrêmement élevées et puis bon, j’étais quand même   dans des conditions où l’alimentation n’était pas ce qu’il me fallait forcément. Et souvent j’étais isolé même presque tous les jours parce qu’on est tout seul dans un coin, les autres sont ailleurs et donc ça joue moralement ça joue physiquement. Donc je pense que ce qu’il faut, c’est de   s’armer, s’armer moralement pour faire face à la situation. Je crois que j’ai pu trouver très vite cet équilibre-là, ne pas me laisser au découragement et voilà, le repentir et des choses comme ça ».

ORTM1 : « après six mois quand même, est-ce que vous vous considérez comme un rescapé monsieur le Président ? »

M. Soumaila CISSE : « non je crois que quand je sais que les gens avec lesquels je suis revenu, certains ont fait presque 4 ans là-bas, d’autres sont encore là-bas depuis 5 ans. Et je crois que je me suis préparé éventuellement à un séjour beaucoup plus long. Mais au début je pensais que c’était une affaire d’une semaine d’un mois surtout que dès avril, dès le 14 avril, ils sont venus me prendre en vidéo comme signe de vie et quinze jours après une deuxième vidéo. Ils m’ont même amené des habits de sortie, Bazin les nouvelles chaussures etc. Les gens me disaient tous « non, non ça va se passer dans quelques jours » mais je suis resté 5 mois après la deuxième vidéo. Donc j’ai fini par me dire ça pourrait être long il faut se préparer en conséquence ».

ORTM1 : « et qu’est-ce qui vous a aidé à tenir ? »

M. Soumaila CISSE : « Je crois que ma famille m’a beaucoup aidé à tenir, mes enfants, ma femme, mon frère mes sœurs m’ont écrit. J’ai reçu des lettres. Ils me disent en un mot « nous sommes aujourd’hui, nous, forts et resterons forts pour toi. Il faut que toi aussi tu sois fort et que tu restes fort pour nous ». Je crois que ce lien important, ça a stimulé en moi, une sorte de force intérieure qui m’a permis de faire face à l’adversité avec beaucoup de courage, de discernements, sens de la responsabilité mais tout en restant digne dans l’honneur ».

ORTM1 : « on ne sait même pas pour qui, c’était plus dur, pour vous ? pour la famille ? »

M. Soumaila CISSE : « c’est certainement très dur pour la famille parce que la première nouvelle qu’elles ont   eue de moi date du 28 juillet et moi la première des nouvelles que j’ai eue de ma famille date du 25 août.  C’est -à -dire exactement 5 mois après, le reste, c’est ce qu’on entend à la radio. Les manifestations, les marques de soutien. Ça aussi, c’est quelque chose de très important. J’ai senti   un peuple malien mobilisé. Et c’est un peuple qui chaque fois que l’adversité, qu’un de ses enfants est victime d’injustice, sait se mobiliser et être autour de celui-là. Et je crois que j’ai senti ça et les lettres que ma famille me faisait parvenir, ce que j’entendais à la radio m’ont conforté que je n’ai pas été oublié et je sais que l’ORTM à chaque journal donne un petit signe de vie et il m’arrivait d’écouter ces messages-là, je me dis tiens, on ne m’a pas oublié au Mali donc j’ai le devoir mais aussi de tenir, de tenir physiquement, de tenir surtout moralement d’aller au bout. Quand vous avez des gens en face souvent on se retrouve dans des groupes où ils ne parlent aucune des langues que je parle, donc ce n’est pas facile de communiquer. Le manque de communication est quelque chose d’extrêmement difficile. »

ORTM1: « parlons de cette libération ; depuis quelques jours les réseaux sociaux se sont emballés on ne parle que de votre libération censée intervenir dans les minutes qui viennent. Des comités d’accueil se sont même formés pour allez-vous attendre à l’aéroport   le jour où vous n’êtes pas venu. Quand est-ce que vous avez réalisé finalement que c’était derrière vous, cette prise d’otage ? »

 M. Soumaila CISSE : (…)

RETROUVEZ L’INTEGRALITE DE L’ARTICLE DANS LA PARUTION DU LUNDI 12 OCTOBRE 2020

 Mahamane TOURE – NOUVEL HORIZON    

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